Mercredi 25 janvier 2012
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Date de sortie : 11 janvier 2012
Durée : 2h15
Titre original : J. Edgar
Nationalité : Américain
Genre : Biopic, Drame
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Leonardo DiCaprio (J. Edgar Hoover), Naomi Watts (Helen
Gandy), Armie Hammer (Clyde Tolson), Josh Lucas (Charles Lindbergh), Judi Dench (Anne-Marie Hoover), Josh Hamilton (Robert Irwin), Geoffrey Pierson
(Mitchell Palmer), ...
Synopsis : Le film explore la vie publique et privée de l’une des
figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar
Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa
vie.
(allocine.fr)
Ma critique :
L'histoire : Il est certain que ce film doit intéresser beaucoup plus les américains que nous autres européens. Cependant, la mise en scène très
eastwoodienne et l'incroyable prestation des acteurs ne laissant pas indifférents, on est très vite intéressé par le récit de la vie de cet homme qui a marqué l'Histoire des Etats-Unis, et plus
particulièrement pour ses réformes des techniques d'investigation policières. S'il est difficile de discuter l'authenticité du récit lorsque celui-ci développe les aspects publics de l'homme aux
secrets - Clint Eastwood étant très méticuleux et très stricte sur les détails - on ne peut qu'accepter comme éventuellement possible les extrapolations de l'acteur/réalisateur lorsque le récit
se tourne plus vers l'aspect privée de Hoover. Néanmoins, ces extrapolations se fondent, là encore, sur d'incontestables et indiscutables observations et conclusions publics quant à la nature des
relations entre Edgar et Clyde.
Les acteurs : Leonardo DiCaprio (J. Edgar Hoover) est époustoufflant, et ce même si certains critiques prétentent
qu'il y a erreur de casting. Une prestation de qualité qui n'a rien d'étonnant car - et c'est un jugement très personnel - DiCaprio déjà prouvé qu'il était un très grand acteur. Ce rôle
n'était pas si évident que ça quand on y regarde de plus prêt. Toute l'ambiguïté de son personnage dans sa relation avec Clyde transparait avec une telle facilité à l'écran dès leur première
rencontre et pourtant, rien n'est dit avec des mots...
Judi Dench (Anne-Marie Hoover) est, comme on dit, pareille à elle-même dans le rôle de mère possessive de J. Edgar Hoover. Une actrice de talent qui joue beaucoup de son
regard perçant et intimidant, pour ne pas dire même effrayant par moment.
Armie Hammer (Clyde Tolson) est, selon moi, le second rôle du film. En réalité, ce film n'aurait sans doute pas autant d'intérêt sans ce personnage qui joua un véritable
rôle majeur dans la vie de Hoover, et ce même si celui-ci ne l'a jamais avoué. Il est en quelque sorte la moitié de Hoover à plus d'un titre. Un rôle difficile parce qu'il fait naître toute
l'ambiguîté et la confusion des sentiments de Hoover à son égard.
Naomi Watts (Helen Gandy) n'apparaît pas énormément à l'écran quand on y pense et pourtant, son personnage a également joué un grand rôle dans la vie d'Edgar Hoover,
depuis le premier jour où il a tenté de la courtiser jusqu'à la fin. Là aussi, j'ai adoré le fait qu'il n'ait jamais été fait mention des sentiments de Gandy pour son patron et ce même si dès le
départ, elle rejette les avances de Hoover. Du coup, on en sait rien et c'est très bien ainsi puisque l'histoire elle-même n'en fait pas mention. Naomi Watts s'en sort pas trop mal dans le rôle
de la secrétaire de Hoover. Elle est là et tient un rôle important dans la vie professionnelle de Hoover. On sent, sans trop d'excès toutefois, qu'il existe entre eux un lien plus intime basé sur
la confiance et le respect.
La musique : comme à son habitude, Clint Eastwood a opté pour une musique
très discrète. Très peu de musique et lorsqu'elle arrive, c'est pour souligner une émotion, un sentiment, un regard... Avec Clint, on sait à quoi s'attendre. Dès l'apparition du logo Warner,
quelques notes de piano (pour d'autres films, ce sera de la guitar) retentissent et donne tout de suite un ton dramatique à ce qui va suivre. Le piano, comme la guitar, sont des instruments purs,
authentiques, aux sonorités claires et très révélatrice d'un état d'esprit. Quoi de plus normal puor un adorateur du blues comme Clint Eastwood...
En conclusion : Certains critiques reprochent à Clint Eastwood de ne pas être véritablement entré dans le sujet en révélant certains (pour le dire
pas tous) secrets que détenaient Edgar Hoover. Le fait est que tous ses dossier secrets ont été détruits. Il aurait été déplacé de la part de Clint Eastwood de prétendre connaître ses secrets et
les mettre en scène pour nous en révéler leurs contenus. Comme je l'ai déjà dit, lorsqu'il s'agit de faits réels (qu'ils soient historiques (Mémoires de nos père/Lettres d'Iwo
Jima) ou divers (Bird/Chasseur blanc, coeur noir/L'échange/Invictus)) Clint Eastwood n'aime pas inventer. Il se contente de mettre en scène ce qui est de
notoriété public et pour le reste, il extrapole très respectueusement en se fondant sur des témoignages, des écrits, etc...
Je crois sincèrement que si Clint Eastwood avait voulu faire étalage de ses fameux secrets, il aurait intitulé le film "J. Edgar Hoover" ou tout simplement "Hoover" comme il était question à
l'origine. Cela aurait donné un ton plus formel, plus officiel, plus public au film. Mais le titre est simplement J. Edgar. Un titre aux intentions plus intimes, plus personnelles. Les
dossiers secrets de Hoover passent en second plan et ce même si, inévitablement, il en est fait référence plus d'une fois.
Clint Eastwood nous raconte l'histoire de cet homme, en se contentant d'énumérer les faits, sans aucun parti pris. Personnellement, je crois que c'était la meilleure chose à faire. Et lorsque
c'est fait avec une telle maîtrise de la caméra, de la lumière et des acteurs, cela ne peut être qu'un chef d'oeuvre (de plus).